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L'IA transforme le poste de travail : pourquoi une nouvelle approche de la sécurité endpoint émerge ?

Eric Bohec
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Eric Bohec , Chief Technology Officer , Groupe Nomios

5 min. lecture
Palo Alto Networks

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Copilot, Cursor, Claude Code, les agents IA et les composants logiciels distribués via les marketplaces redéfinissent progressivement le rôle du poste de travail dans l'entreprise. Face à cette évolution, Palo Alto Networks a récemment acquis Koi, société spécialisée dans la sécurisation des environnements IA sur les endpoints, et formalisé une nouvelle catégorie baptisée Agentic Endpoint Security (AES). Au-delà de l'annonce elle-même, ce mouvement constitue un signal intéressant pour les RSSI et les DSI : l'industrie commence à considérer que les modèles historiques de sécurité endpoint doivent évoluer pour prendre en compte cette nouvelle réalité.

Pendant plus de quinze ans, les équipes cybersécurité ont construit leurs stratégies endpoint autour d'un objectif relativement stable : protéger les utilisateurs et les systèmes contre les logiciels malveillants, les compromissions et les comportements anormaux.

Cette approche reste indispensable. Pourtant, la généralisation de l'intelligence artificielle introduit progressivement une nouvelle catégorie de composants logiciels qui ne correspondent plus totalement aux modèles traditionnels d'analyse du risque.

Le sujet ne concerne pas uniquement les grands projets IA pilotés par l'entreprise. Il concerne également des milliers de composants utilisés quotidiennement par les collaborateurs : assistants de développement, extensions navigateur, packages open source, modèles locaux, outils de génération de code et agents capables d'interagir avec des applications ou des données métier.

Le poste de travail devient une plateforme d'exécution

Pendant longtemps, les RSSI ont principalement protégé des applications identifiées, des exécutables connus et des flux relativement bien définis.

Aujourd'hui, un développeur peut installer Cursor, GitHub Copilot, plusieurs extensions Visual Studio Code, des dépendances Python ou JavaScript et s'appuyer sur des agents capables d'interagir avec son environnement de travail.

Dans le même temps, les utilisateurs métiers expérimentent des assistants documentaires, des copilotes connectés à leurs applications et des outils capables d'automatiser certaines tâches.

Individuellement, ces composants sont souvent légitimes et utiles. Collectivement, ils transforment progressivement le poste de travail en une plateforme sur laquelle s'exécutent des centaines, voire des milliers de composants logiciels dont les capacités évoluent en permanence.

Cette transformation modifie profondément la nature de la surface d'exposition. Les organisations ne doivent plus seulement surveiller ce qui s'exécute sur le poste. Elles doivent également comprendre quels composants sont présents, quelles données ils peuvent consulter, quels services externes ils sollicitent et quelles actions ils peuvent réaliser.

Une problématique qui dépasse largement les agents IA

Les débats autour de l'IA se concentrent souvent sur les modèles, les agents ou les questions de gouvernance.

Pourtant, le changement le plus structurant concerne peut-être l'écosystème logiciel qui accompagne cette transformation.

Extensions Chrome, plugins VS Code, packages npm, dépendances PyPI, modèles, MCP, assistants de codage ou connecteurs spécialisés participent désormais au fonctionnement quotidien des postes de travail modernes. Ces composants évoluent rapidement et peuvent introduire de nouveaux risques sans qu'une modification visible ne soit réalisée sur l'endpoint lui-même.

Pour les RSSI, le défi consiste alors moins à bloquer qu'à retrouver une capacité d'observation adaptée à cette nouvelle complexité.

La question n'est pas uniquement de savoir si un outil est autorisé. Elle est de comprendre ce qu'il est réellement capable de faire.

Pourquoi l'acquisition de Koi par Palo Alto Networks est un signal fort ?

En février 2026, Palo Alto Networks a annoncé son intention d'acquérir Koi, avant de finaliser l'opération en avril 2026. Cette acquisition ne constitue pas simplement l'ajout d'une fonctionnalité à un portefeuille existant. Elle s'accompagne de la création d'une nouvelle catégorie de sécurité baptisée Agentic Endpoint Security (AES).

Koi s'était spécialisé dans la visibilité et le contrôle des agents IA, des extensions, des packages open source, des modèles et de l'ensemble de l'écosystème logiciel moderne qui apparaît sur les postes de travail. Après son acquisition, ses technologies ont été intégrées à Prisma AIRS pour la sécurité de l'IA et à Cortex XDR pour renforcer la visibilité sur cette nouvelle surface d'exposition.

Cette évolution mérite l'attention des RSSI pour une raison simple. Lorsqu'un acteur historique de la cybersécurité estime nécessaire de créer une nouvelle catégorie de protection, c'est généralement parce qu'il considère que les outils existants n'ont pas été conçus pour répondre à l'ensemble des nouveaux usages observés sur le terrain.

L'enjeu n'est donc pas seulement technologique. Il traduit une évolution plus profonde du modèle de sécurité endpoint.

L'émergence de l'Agentic Endpoint Security

La notion d'Agentic Endpoint Security repose sur une idée relativement simple : les risques modernes ne proviennent plus uniquement des exécutables traditionnels.

Ils émergent également des composants dits « non binaires » qui façonnent de plus en plus le comportement des endpoints : extensions, agents, modèles, MCP, plugins ou dépendances logicielles.

Dans sa vision, Palo Alto Networks considère que ces composants doivent être observés, évalués et gouvernés avec le même niveau d'attention que les applications ou les identités. L'objectif n'est pas de freiner l'adoption de l'IA mais d'apporter de la visibilité sur les usages réels et les risques associés.

Cette approche est particulièrement intéressante car elle rejoint une préoccupation que nous observons régulièrement chez nos clients : comment permettre aux métiers et aux développeurs de bénéficier des gains apportés par l'IA tout en conservant un niveau de maîtrise compatible avec les exigences de sécurité et de conformité ?

Les questions que les RSSI devraient se poser aujourd'hui

Au-delà des fournisseurs et des technologies, plusieurs questions deviennent incontournables :

  • Quels assistants IA sont présents sur les postes de travail ?
  • Quels composants peuvent accéder aux données sensibles ?
  • Quels services externes sont sollicités ?
  • Quels packages et extensions sont utilisés par les équipes ?
  • Quels agents disposent de capacités d'action ou d'automatisation ?
  • Quels mécanismes de contrôle permettent d'encadrer ces usages ?

Les réponses dépendront naturellement du contexte de chaque organisation.

C'est précisément pour cette raison qu'il nous semble important d'aborder le sujet sous l'angle de la visibilité et de la compréhension des usages réels avant celui du contrôle.

Une nouvelle étape pour la cybersécurité d'entreprise

L'histoire récente de la cybersécurité est marquée par plusieurs grandes évolutions : la protection du réseau, la sécurisation des identités, l'émergence du cloud puis le développement des plateformes XDR.

L'adoption massive de l'IA ouvre probablement un nouveau chapitre.

Non pas parce qu'elle remplace les approches précédentes, mais parce qu'elle ajoute une couche supplémentaire de composants logiciels capables d'interagir avec les données, les applications et les processus métiers.

L'acquisition de Koi par Palo Alto Networks et la création de la catégorie Agentic Endpoint Security illustrent cette évolution. Elles traduisent la prise de conscience que la sécurisation des usages IA ne se limite plus aux modèles ou aux données. Elle concerne désormais l'ensemble de l'écosystème logiciel qui accompagne ces usages sur les postes de travail.

L'essentiel

  • L'IA transforme progressivement le rôle du poste de travail et élargit la surface d'exposition des endpoints.
  • Les extensions, packages, plugins, assistants de développement et agents IA deviennent des composants à gouverner au même titre que les applications traditionnelles.
  • Palo Alto Networks a acquis Koi en 2026 et créé la catégorie Agentic Endpoint Security (AES).
  • Les technologies de Koi sont désormais intégrées à Prisma AIRS et Cortex XDR, tout en restant disponibles sous la marque Koi Agentic Endpoint Security.
  • Pour les RSSI, l'enjeu n'est pas de freiner l'IA mais de conserver la visibilité nécessaire pour l'adopter dans un cadre maîtrisé.

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